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Approche « Une seule santé »

8 mai 2026

L’essentiel 

  • La santé des humains, celle des animaux et celle des écosystèmes sont étroitement liées. Tout changement intervenant dans ces liens peut augmenter le risque d’apparition et de propagation de nouvelles maladies humaines ou animales.
  • En raison des liens étroits entre la santé humaine, la santé animale, la santé végétale et la santé environnementale, une collaboration, une communication et une coordination étroites entre les secteurs concernés sont nécessaires.
  • L’approche « Une seule santé » vise à optimiser la santé des humains, des animaux, des végétaux et des écosystèmes en intégrant ces domaines, plutôt qu’en les séparant.
  • Plus de 60 % des maladies infectieuses émergentes notifiées dans le monde proviennent d’animaux, qu’ils soient sauvages ou domestiques.
  • Les activités humaines et les écosystèmes mis à rude épreuve entraînent de nouveaux risques d’émergence et de propagation de maladies.
  • Parmi ces facteurs de stress figurent notamment le commerce des animaux, l’agriculture, l’élevage, l’urbanisation, les industries extractives, les changements climatiques, la fragmentation des habitats et la pénétration dans les zones sauvages.

Vue d’ensemble

Le principe « Une seule santé » consiste en une approche intégrée et unifiée qui vise à équilibrer et à optimiser la santé des humains, des animaux, des végétaux et des écosystèmes. Il s’appuie sur les liens étroits et interdépendants qui existent entre ces domaines pour mettre au point de nouvelles méthodes permettant de surveiller et de combattre les maladies.

Par exemple, la façon dont les terres sont utilisées peut avoir un impact sur le nombre de cas de paludisme. Les conditions météorologiques et les mesures de maîtrise de l’eau mises en place par les êtres humains peuvent avoir une incidence sur des maladies telles que la dengue. Le commerce d’animaux sauvages vivants peut augmenter le risque de transmission de maladies infectieuses aux êtres humains (transmission zoonotique).

La pandémie de COVID-19 a mis en lumière la nécessité d’établir un cadre mondial pour assurer une meilleure surveillance et mettre en place un système plus global et intégré. Les lacunes en matière de connaissances de l’approche « Une seule santé », de prévention et de mise en œuvre d’approches intégrées ont été considérées comme des facteurs ayant favorisé la pandémie. L’approche « Une seule santé », qui permet d’agir sur les liens entre santé humaine, santé animale, santé végétale et santé environnementale, est considérée comme un facteur de transformation contribuant à améliorer la santé dans le monde.

Elle s’applique dans un large éventail de domaines, dont : 

  • la résistance aux antimicrobiens (RAM), qui survient lorsque des agents pathogènes, des bactéries ou des parasites, par exemple, acquièrent la capacité de résister aux médicaments conçus pour les éliminer et continuent de se développer et de se propager ;
  • les zoonoses, qui sont des maladies infectieuses causées par des agents pathogènes qui se transmettent de l’animal à l’être humain, comme l’Ebola, la grippe aviaire et la rage ; 
  • les maladies à transmission vectorielle, qui touchent les personnes piquées par un vecteur (moustique, tique, pou ou puce), comme la dengue, la maladie à virus du Nil occidental, la maladie de Lyme et le paludisme ; 
  • la sécurité sanitaire des aliments et les maladies d’origine alimentaire, telles que la gastro-entérite à norovirus, la salmonellose et la listériose, dues à une contamination des aliments qui peut survenir à n’importe quelle étape de la chaîne de production, de la livraison et de la consommation ; et 
  • les problèmes environnementaux, comme la pollution de l’eau, la pollution de l’air et les changements climatiques. 

Depuis 2003, le monde fait face à d’importantes menaces sanitaires, à des pertes sociales et économiques dues aux épidémies et aux pandémies, ainsi qu’à des pertes considérables dues aux risques liés à la sécurité sanitaire des aliments et de l’eau, lesquels constituent des menaces pour la santé face auxquelles l’approche « Une seule santé » est destinée à agir. 

La collaboration entre les secteurs et les disciplines dans le cadre d’une approche « Une seule santé » est essentielle pour relever les défis sanitaires complexes auxquels notre monde est confronté. Pour prévenir, détecter et combattre les menaces sanitaires émergentes, tous les secteurs concernés doivent collaborer de manière intégrée afin de réaliser ensemble ce qu’aucun secteur ne peut accomplir seul.

La Banque mondiale estime que la prévention reposant sur les principes « Une seule santé » coûte de 10,3 à 11,5 milliards de dollars des États-Unis (USD) par an. C’est un investissement relativement modeste au regard des coûts sanitaires, sociaux et économiques des pandémies et d’autres graves menaces pour la santé.

Les engagements à long terme en faveur de l’approche « Une seule santé » rendent les systèmes plus efficaces, plus résilients et plus durables. Avec le temps, l’approche « Une seule santé » peut améliorer la prévention, réduire la fragmentation et favoriser une utilisation plus efficace de ressources limitées, et ainsi contribuer à sauver des vies et à faire des économies.

Ampleur du problème

Les menaces pour la santé qui apparaissent à l’interface entre l’être humain, l’animal, les végétaux et l’environnement sont de plus en plus fréquentes, complexes et perturbatrices. Elles ont une incidence non seulement sur la santé, mais aussi sur les systèmes alimentaires, les moyens de subsistance, le commerce, la biodiversité et la stabilité économique. Une prévention renforcée, une détection plus précoce et une surveillance plus intégrée sont donc essentielles.

L’émergence du SARS-CoV-2, le virus à l’origine de la COVID-19, a souligné la nécessité de renforcer l’approche « Une seule santé », en mettant davantage l’accent sur les liens avec la santé animale et l’environnement. Négliger la protection de l’environnement est très coûteux. La prévention est l’un des investissements les plus rentables pour un pays.

Nous avons désormais une occasion sans précédent de renforcer la collaboration et les politiques dans ces domaines et de réduire le risque de pandémies et d’épidémies futures, tout en nous attaquant à la charge actuelle des maladies endémiques et non transmissibles.

Il faut mettre en place une surveillance permettant de contrôler les risques et d’identifier des modèles dans tous les domaines liés à l’approche « Une seule santé ». En outre, de nouveaux travaux de recherche devraient permettre d’intégrer l’impact de ces différents domaines, notamment en ce qui concerne les facteurs de crise.

Enjeux

La mise en œuvre de l’approche « Une seule santé » nécessite des changements structurels majeurs afin d’intégrer les domaines de la santé humaine, de la santé animale et de la santé environnementale et de faciliter la communication, la collaboration, la coordination et le renforcement des capacités à l’échelle multisectorielle.

Pour combler les principales lacunes dans la mise en œuvre de l’approche « Une seule santé », il faut :

  • mettre en place des bases de données et des ressources pour soutenir le partage d’information et l’action conformément à l’approche « Une seule santé » ;
  • trouver et présenter des exemples de bonnes pratiques pour la mise en œuvre de l’approche « Une seule santé » ;
  • recenser les initiatives et les capacités existantes en matière de recherche sur l’approche « Une seule santé » et constituer les effectifs de la prochaine génération qui œuvrera dans ce domaine ;
  • établir un modèle de système intégré de surveillance « Une seule santé » ;
  • instaurer des mécanismes de coordination systématique et d’urgence entre les parties prenantes concernées ;
  • mieux comprendre les facteurs de transmission zoonotique (de l’animal à l’être humain). À cet égard, il faut s’intéresser au commerce des animaux, à l’agriculture, à l’élevage, à l’urbanisation et à la fragmentation de l’habitat ;
  • à une approche normalisée pour évaluer les risques de propagation d’agents pathogènes entre différentes populations animales et humaines, et à l’émergence de zoonoses, y compris celles qui surviennent dans les systèmes alimentaires ; et
  • aux méthodes permettant de repérer et de réduire les risques de transmission zoonotique et de propagation des zoonoses de manière à éviter autant que possible les compromis et à tirer le meilleur parti des avantages d’autres objectifs de santé et de développement durable.

Action de l’OMS

L’OMS intègre l’approche « Une seule santé » dans l’ensemble de ses unités et bureaux, fournit des conseils stratégiques en matière de politique et soutient la formation au niveau local, national et régional. Il s’agit globalement de renforcer les programmes qui sont dirigés et pris en charge par les pays.

L’OMS est également membre de l’Alliance quadripartite sur l’approche « Une seule santé », aux côtés de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, de l’Organisation mondiale de la santé animale et du Programme des Nations Unies pour l’environnement. Ces quatre organisations ont élaboré ensemble un Plan d’action conjoint « Une seule santé », accompagné d’un guide de mise en œuvre, qui comprend un ensemble d’activités qu’elles peuvent mener ensemble, notamment en collaborant avec les dirigeants politiques pour établir l’infrastructure et le financement nécessaires.

Le Groupe d’experts de haut niveau pour l’approche « Une seule santé » (OHHLEP), dont l’OMS assure le Secrétariat, est un mécanisme consultatif indépendant en matière de science et de politique au service de l’Alliance quadripartite. Il apporte une valeur ajoutée, car il fait le lien entre données factuelles et orientations stratégiques et contribue à garantir que l’approche « Une seule santé » reste fondée sur une expertise crédible et pluridisciplinaire.