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Rougeole

15 juillet 2026
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L’essentiel

  • La rougeole est une maladie virale très contagieuse et grave qui se transmet par voie aérienne et qui peut entraîner des complications sévères voire la mort.
  • La vaccination antirougeoleuse a permis d’éviter près de 59 millions de décès entre 2000 et 2024.
  • Bien qu’il existe un vaccin sûr et présentant un bon rapport coût/efficacité contre cette maladie, on estimait à 95 000 le nombre de décès dus à la rougeole dans le monde en 2024, décès principalement survenus chez les enfants de moins de 5 ans non vaccinés ou sous-vaccinés.
  • La proportion d’enfants ayant reçu une première dose de vaccin antirougeoleux était de 84 % en 2025, légèrement en deçà des 86 % enregistrés en 2019.

Vue d’ensemble

La rougeole est une maladie virale très contagieuse. Elle se propage facilement lorsqu’une personne infectée respire, tousse ou éternue. Elle peut entraîner des manifestations sévères, des complications, voire la mort.

La rougeole peut toucher n’importe qui, mais elle est plus fréquente chez les enfants.

Le virus infecte l’appareil respiratoire, puis se propage dans tout l’organisme. La rougeole se manifeste par une forte fièvre, une toux, un écoulement nasal et une éruption cutanée sur tout le corps.

La vaccination est le meilleur moyen d’éviter de contracter la maladie ou de la transmettre à d’autres personnes. Le vaccin est sûr et aide l’organisme à combattre le virus.

Avant que la vaccination antirougeoleuse ne soit introduite en 1963 et qu’elle ne se généralise, on enregistrait tous les deux ou trois ans d’importantes épidémies qui pouvaient causer environ 2,6 millions de décès chaque année.

On estime que 95 000 personnes — essentiellement des enfants de moins de cinq ans — sont mortes de la rougeole en 2024, malgré l’existence d’un vaccin sûr et présentant un bon rapport coût/efficacité.

Grâce à l’accélération des activités de vaccination menées par les pays, l’OMS, le Partenariat contre la rougeole et la rubéole et d’autres partenariats internationaux, environ 59 millions de décès ont pu être évités entre 2000 et 2024. On estime que, grâce à la vaccination, le nombre de décès dus à la rougeole est passé de 780 000 en 2000 à 95 000 en 2024 (1).

Signes et symptômes

Les symptômes de la rougeole apparaissent habituellement sept à 14 jours après l’exposition au virus. Une éruption cutanée proéminente est le symptôme le plus visible.

Les premiers symptômes, qui durent généralement quatre à sept jours, sont les suivants :

  • fièvre ;
  • écoulement nasal ;
  • toux ;
  • yeux rouges et larmoyants ;
  • petites taches blanches à l’intérieur des joues.

L’éruption apparaît environ trois à cinq jours après les premiers symptômes, habituellement sur le visage et le haut du cou. Elle se propage ensuite vers le bas du corps, sur une période d’environ trois jours, pour atteindre le tronc, les bras, les jambes et les pieds. Elle persiste généralement entre quatre et huit jours avant de s’estomper.

La plupart des décès dus à la rougeole sont provoqués par des complications liées à la maladie.

Parmi ces complications figurent :

  • une cécité ;
  • une encéphalite (infection causant un œdème cérébral et éventuellement des lésions cérébrales) ;
  • une diarrhée sévère entraînant une déshydratation ;
  • une otite ;
  • des problèmes respiratoires graves, y compris pneumonie.

Si une femme contracte la rougeole pendant la grossesse, cela peut être dangereux pour elle et entraîner une fausse couche ou une naissance prématurée avec une insuffisance pondérale du nouveau-né.

Les complications sont plus courantes chez les enfants de moins de cinq ans et les adultes de plus de 30 ans. Elles sont plus susceptibles de survenir chez les enfants qui souffrent de malnutrition, en particulier ceux qui ont une carence en vitamine A ou dont le système immunitaire est affaibli par une infection à VIH ou d’autres maladies. La rougeole affaiblit également le système immunitaire et peut faire « oublier » à l’organisme comment se protéger contre les infections, rendant les enfants extrêmement vulnérables.

Quelles sont les personnes à risque ?

Toute personne non immunisée (c’est-à-dire non vaccinée, ou vaccinée mais n’ayant pas acquis une immunité) peut être infectée. Les jeunes enfants et les femmes enceintes non vaccinés sont les plus exposés au risque de complications graves de la rougeole.

La rougeole est encore courante, notamment dans certaines régions d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie. L’écrasante majorité des décès dus à la rougeole surviennent dans des pays à faible revenu par habitant ou dont les infrastructures sanitaires sont insuffisantes et ne permettent pas de vacciner tous les enfants.

Dans les pays qui sont touchés par une catastrophe naturelle ou un conflit, ou qui sont en phase de relèvement, la dégradation des infrastructures et des services de santé entraîne une interruption de la vaccination systématique, et la surpopulation dans les campements augmente le risque d’infection. Les enfants souffrant de malnutrition ou d’autres facteurs d’affaiblissement du système immunitaire sont les plus exposés au risque de décès par rougeole.

Transmission

La rougeole est l’une des maladies les plus contagieuses au monde. Elle se transmet par contact avec des sécrétions nasales ou pharyngées infectées (toux ou éternuements) ou par respiration de l’air expiré par une personne atteinte de rougeole. Le virus reste actif et contagieux dans l’air ou sur les surfaces contaminées pendant une période allant jusqu’à deux heures. C’est ce qui rend la maladie si contagieuse, une personne atteinte de rougeole pouvant infecter jusqu’à 18 personnes.

La rougeole peut être transmise par une personne infectée de quatre jours avant le début de l’éruption cutanée jusqu’à quatre jours après l’apparition de l’éruption.

Les flambées épidémiques de rougeole peuvent entraîner de graves complications, voire la mort, en particulier chez les jeunes enfants souffrant de malnutrition. Dans les pays où la rougeole a été pratiquement éliminée, les cas importés de l’étranger restent une source importante d’infection.

Traitement

Il n’existe pas de traitement spécifique de la rougeole. La prise en charge consiste essentiellement à soulager les symptômes, à préserver le confort de la personne malade et à prévenir les complications.

La consommation d’une quantité suffisante d’eau et le recours à des traitements contre la déshydratation permettent de remplacer les pertes liquidiennes dues aux vomissements et aux diarrhées. Il est aussi important d’avoir une alimentation saine.

Les médecins peuvent traiter la pneumonie et les infections auriculaires et oculaires à l’aide d’antibiotiques.

La prise de deux doses de vitamine A est recommandée pour tous les enfants de moins de cinq ans chez lesquels une rougeole est suspectée, la première administrée immédiatement après le diagnostic et la deuxième le lendemain, selon la posologie indiquée par le ou la prestataire de santé. Il est recommandé d’administrer une troisième dose quatre à six semaines plus tard si le patient ou la patiente présente un signe clinique quelconque de carence en vitamine A avec complications oculaires. Cela permet de compenser les carences en vitamine A qui surviennent même chez les enfants bien nourris. Cette supplémentation peut contribuer à prévenir d’autres complications liées à la rougeole, notamment les lésions oculaires et la cécité. Elle permet aussi de réduire le nombre de décès dus à la rougeole.

Prévention

La vaccination à l’échelle communautaire est le moyen le plus efficace de prévenir la rougeole. Tous les enfants devraient être vaccinés contre la rougeole. Le vaccin est sûr, efficace et peu coûteux.

Il est recommandé d’administrer deux doses aux enfants pour garantir leur immunité. La première dose est généralement administrée à l’âge de neuf mois dans les pays où la rougeole est courante et entre 12 et 15 mois dans les autres pays. La seconde dose est administrée plus tard, généralement entre 15 et 18 mois.

Le vaccin antirougeoleux est administré seul ou associé aux vaccins contre les oreillons, la rubéole et/ou la varicelle.

La vaccination systématique contre la rougeole et les campagnes de vaccination de masse dans les pays où les cas sont nombreux sont essentielles pour réduire le nombre de décès dus à cette maladie dans le monde. Le vaccin antirougeoleux est utilisé depuis environ 60 ans et coûte moins de 1 dollar des États-Unis par enfant. Il est également utilisé dans les situations d’urgence pour éviter la propagation des flambées épidémiques. Le risque d’épidémie de rougeole est particulièrement élevé dans les populations réfugiées, qui doivent bénéficier d’une vaccination dès que possible.

Le fait d’associer plusieurs vaccins se traduit par une légère augmentation du coût, mais permet de mutualiser les frais liés à l’approvisionnement et à l’administration et, surtout, présente l’avantage d’offrir une protection contre la rubéole, l’infection à prévention vaccinale la plus courante qui peut toucher le fœtus.

En 2025, à l’échelle mondiale, 77 % des enfants avaient reçu les deux doses du vaccin antirougeoleux et environ 84 % une dose de vaccin antirougeoleux avant leur premier anniversaire. Il est recommandé d’administrer deux doses du vaccin pour assurer l’immunité et prévenir les flambées épidémiques, car tous les enfants n’acquièrent pas une immunité dès la première dose.

Selon les estimations de l’OMS et de l’UNICEF, environ 29 millions de nourrissons étaient encore sous-protégés contre la rougeole en 2025.

Action de l’OMS

En 2020, l’OMS et les parties prenantes mondiales ont approuvé le Programme pour la vaccination 2021-2030. Ce programme vise à atteindre les objectifs régionaux, qui servent de principal indicateur d’impact, la rougeole étant utilisée comme indicateur de suivi pour évaluer la capacité d’un système de santé à administrer les vaccins pédiatriques essentiels.

L’OMS a publié en 2020 le cadre stratégique de lutte contre la rougeole et la rubéole, qui définit sept priorités stratégiques pour atteindre de façon durable les objectifs régionaux d’élimination de la rougeole et de la rubéole.

Si une attention soutenue n’est pas accordée à la question, les acquis difficilement obtenus pourraient être perdus. Des épidémies se déclarent lorsque les enfants ne sont pas vaccinés. Compte tenu des tendances actuelles de la couverture vaccinale et de l’incidence de la rougeole, le Groupe stratégique consultatif d’experts sur la vaccination (SAGE) de l’OMS a conclu que l’élimination de la rougeole était menacée, car la maladie a ressurgi dans de nombreux pays qui l’avaient éliminée ou pratiquement éliminée.

L’OMS continue de renforcer le Réseau mondial de laboratoires de la rougeole et de la rubéole (GMRLN) pour garantir un diagnostic rapide de la rougeole et suivre la propagation du virus, afin d’aider les pays à coordonner des activités de vaccination ciblées et à faire reculer le nombre de décès dus à cette maladie à prévention vaccinale.

Le Partenariat contre la rougeole et la rubéole du Programme pour la vaccination à l’horizon 2030

Le Partenariat contre la rougeole et la rubéole du Programme pour la vaccination à l’horizon 2030 (IA2030) est un partenariat dirigé par la Croix-Rouge américaine, la United Nations Foundation, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), Gavi, l’Alliance du Vaccin, la Fondation Gates, l’UNICEF et l’OMS, qui vise à concrétiser les cibles spécifiques de l’IA2030 concernant la rougeole et la rubéole. Lancé en 2001 sous le nom d’Initiative contre la rougeole et la rubéole, le Partenariat a été redynamisé et a pour objectif qu’aucun enfant ne meure de la rougeole ou ne naisse avec un syndrome de rubéole congénitale. Le Partenariat aide les pays à planifier, financer et mesurer les efforts visant à éliminer définitivement la rougeole et la rubéole.

 

Références bibliographiques

1. Progrès accomplis dans le monde en vue de l’élimination de la rougeole, 2000–2024, Relevé épidémiologique hebdomadaire, n° 48, 2025, 100, 591–604